mardi 2 décembre 2008

La sagesse d'Aristote

Sur le contrôle des naissances

On peut penser qu'il faut plutôt limiter la procréation que le patrimoine, de sorte que les naissances ne dépassent pas un certain nombre. On en fixerait le chiffre en prenant en considération les différents aléas : certains enfants mourront, certains couples seront stériles. Mais le laissez-faire dans ce domaine, comme c'est le cas dans la plupart des cités, sera nécessairement cause de pauvreté pour les citoyens, et la pauvreté engendre sédition et délinquance.


Sur le droit du sol

Quant à ceux auxquels cette dénomination échoit autrement que par la voie normale, ceux par exemple qu'on a fait citoyens par naturalisation, laissons les de côté. Le citoyen n'est pas citoyen par le fait d'habiter tel endroit, car des métèques et des esclaves partagent leur résidence avec lui [...] Or dans la pratique on définit comme citoyen celui qui est né de deux citoyens et non pas d'un seul, père ou mère.


Définition de la cité

Une cité est la communauté des villages et des lignages menant une vie parfaite et autarcique. C'est cela, selon nous, mener une vie bienheureuse et belle.


Sur la classe moyenne

Il est donc clair aussi que la meilleure communauté politique est celle qui est constituée par des gens moyens, et que les cités qui peuvent être bien gouvernées sont celles dans lesquelles la classe moyenne est nombreuse et au mieux plus forte que les deux autres [NdV: les pauvres et les riches], ou au moins que l'une des deux, car son concours fait pencher la balance et empêche les excès contraires.
[...]
De plus, la constitution qui s'appuie sur les classes moyennes est plus proche du régime populaire que du gouvernement du petit nombre, et c'est la plus stable des constitutions.


Sur les sociétés pluriethniques

Est aussi facteur de sédition l'absence de communauté ethnique tant que les citoyens n'en sont pas arrivés à respirer d'un même souffle. Car de même qu'une cité ne se forme pas à partir d'une masse de gens pris au hasard, de même ne se forme-t-elle pas dans n'importe quel espace de temps. C'est pourquoi parmi ceux qui ont, jusqu'à présent, accepté les étrangers pour fonder une cité avec eux ou pour agréger la cité, la plupart ont connu des séditions.

Aristote - Les politiques.

11 commentaires:

Aumilieudesruines a dit…

De l'intérêt de visiter les temps et les lieux pour sortir du carcan intellectuel dans lequel nos maîtres voudraient nous enfermer... Non, le suicide collectif n'est pas naturel...

Vertumne a dit…

On comprend aussi que les siècles obscurs ne sont pas ceux qu'on croit.

A côté de ces quelques passages des Politiques, toute la pompeuse "déclaration universelle des droits de l'homme" sent le moisi.

Threepiglets a dit…

Le mondialisme est l'inverse de la cité car il rend inter-dépendant.
Normal pour une idéologie marchand qui nie l'espace public.
Le programme qui suivra l'effondrement visera l'indépendance économique pour être indépendant politiquement, et cette indépendance économique se basera sur une autarcie partielle.

Petite de souche a dit…

Merci de nous faire découvrir ces textes que pour ma part je n'avais jamais lu.
Vous ètes un des rares à parler du problème de la surpopulation, et de l'accroissement rapide de la population des pays du tiers-monde, qui est à mon avis à la base de tous les problèmes actuels: pollution, pauvreté, guerre, immigration. Les politiques, les associations dites humanitaires n'en parlent jamais et ne font rien contre. Lévi-Strauss en a parlé mais ce n'est pas le texte qui est le plus cité dans la presse.

Communauté gauloise a dit…

On comprend aussi pourquoi les responsables politiques, soutenus par ce charlatan d'Attali, cherchent anéantir l'enseignement de l'histoire et des langues anciennes, au profit de l'anglais et de l'économie.
Tout ce qui affranchit la pensée et aide à prendre du recul sur notre univers mental doit être éradiqué.

Arthur.

Vertumne a dit…

@ TP: l'autarcie est justement l'idéal pour une cité selon Aristote. Peut être que dans notre cas ce type d'autarcie pourrait être poussé à l'ensemble civilisationnel européen.

@ Petite de souche: il existe en plus une certaine tendance dans notre milieu à vouloir entrer en concurrence avec les populations du tiers-monde. C'est à dire faire un concours de poules pondeuses. Or l'Europe (au contraire de l'Afrique et du Moyen-Orient) n'a jamais vraiment misé sur la quantité de ses enfants mais sur la qualité de leur éducation.

@ ComGalliae: vous avez raison. En coupant les hommes de leurs racines et de leur patrimoine (culturel, littéraire, etc.) par exemple en supprimant l'enseignement des langues dites mortes (situation quasiment attente pour le français selon Valérie Pécresse), nos mondialistes visent à fabriquer un néo-humain docile. Cela aidera d'autant plus à faire passer tous les révisionnismes favorables au multiculturalisme que les jeunes générations ne disposeront plus des outils pour les contredire.

Télémaque a dit…

J'ai lu récemment la Politique d'Aristote, et je dois dire que j'ai eu l'impression de lire un p"intellectuel" (de droite) d'aujourd'hui répondant à nos propres problèmes!
Aristote me semble d'autant plus grand que ses réflexions sont toujours modérées, à tel point que je suis parfois en désaccord avec lui (toujours superficiel). Car pour moi, pas de Saint Aristote, mais un penseur à échelle humaine, pragmatique, et d'une rare clairvoyance.

Vertumne a dit…

@ Télémaque: ce qui m'étonne toujours en lisant Aristote c'est la grande simplicité de ses arguments, arguments pourtant d'une logique imparable. Pas de circonvolutions pédantes ou de théories fumeuses dans son oeuvre. On y découvre seulement une exposition claire et concise d'idées éternelles. Voilà je pense une clé pour nous.

Petite de souche a dit…

On trouve le livre entier La Politique d'Aristote sur google books (dans une édition de 1848)(téléchargement possible)

Threepiglets a dit…

"Peut être que dans notre cas ce type d'autarcie pourrait être poussé à l'ensemble civilisationnel européen."

Je pensais justement à ce niveau.
Niveau européen incluant la Russie, car nous manquons cruellement d'une profondeur stratégique, que peut nous offrir la Sibérie.

trouvez l erreur a dit…

voilà ce que j'ai lu sur internet, ce n'est pas vraiment le genre de connaissances enseignées par les fonctionnaires de l'education nationale, ni ce qu'on lit dans les magazines en kiosque, ou cue qu'on entend dans les émissions télévisées
la totale opposition avec les affirmations courantes explique bien un équilibre fragile et instable :
- 1 - concernant la démographie :
"Il faut une loi disant qu'on ne devra élever aucun enfant mutilé ou imparfait. Et afin d'éviter un trop grand accroissement de la population, on devra exposer certains enfants. Car il faut fixer une limite à la population d'un Etat. "
Aristote, Politique (Livre VII, chap. 16).
- 2 - concernant les droits de l'homme : il y aurait un exemplaire des droits de l'homme datant de 1793 dont la couverture est faite d'une peau tannée humaine, d'un "Vendéen", gardé dans un musée parisien ...