
Scène de rue à Séoul
Article très instructif du New York Times (traduit par Vertumne) sur la perception des couples biraciaux et du métissage par les Coréens du Sud. On est à des années lumières du métissage, "projet de société" des élites françaises:
Dans toute culture, c'est la tribu des vainqueurs qui s'approprie les femmes des vaincus, au détriment des hommes vaincus, grands perdants au point de vue génétique. Pour un peuple donc, au delà de l'aspect purement racial, laisser ses femmes se mêler à des hommes étrangers c'est agir inconsciemment en peuple vaincu. A cela s'ajoute l'idée de la perpétuation du nom et de la lignée, selon laquelle l'individu ne se suffit pas à lui-même mais sert de "témoin" entre ses ancêtres et ses descendants. Fondamentalement, la position coréenne est très similaire à celle des Européens jusqu'à très récemment. Ce n'est qu'au cours de la "dévolution culturelle" des années 60 que les opinions publiques européennes, travaillées par l'individualisme (rupture du lien charnel entre les générations) et la culpabilité raciale de l'après deuxième guerre mondiale ont massivement cédé aux sirènes du métissage.
Elle avait 21 ans et était étudiante. Lui était un professeur d'anglais originaire du Canada. Ils étaient de "bons amis" qui dinaient parfois ensemble. Elle a fait part de cette amitié à ses parents. Cruelle erreur, car ces derniers, horrifiés à l'idée que leur fille détruise la réputation familiale en fréquentant un étranger la forcèrent à changer d'université et à déménager à l'autre bout du pays.
Bien que cela puisse paraître extrême, cette réaction souligne le profond malaise de la société coréenne à propos des unions mixtes entre femmes coréennes et hommes étrangers.
(...)
Il y a quelques années, un soldat américain qui avait mis la main dans le dos d'une femme coréenne _sa femme en l'occurence_ provoqua une émeute qui émeute et fut arrêté. Les dénonciations fusèrent dans la presse à propos des menaces causées par les soldats américains sur les femmes coréennes. Avant cela, un sergent-major américain fut battu à mort par un Coréen parce qu'il se promenait en compagnie de sa petite amie coréenne.
Si les relations interraciales sont un problème sensible dans de nombreux pays, c'est encore plus vrai en Corée du Sud. De telles romances révèlent l'état d'esprit de la société parce qu'elles font vibrer les cordes les plus sensibles de la psyché coréenne: l'identité nationale, l'attitude envers les étrangers et la chasteté des femmes.
"J'aimerai me mettre en ménage avec ma petite-amie mais je me demande si sa famille m'acceptera seulement un jour" rumine Frank A. Dessler, un Américain de 36 ans entretenant une relation avec une Coréenne depuis 2 ans. "Sa famille ignore tout de mon existence."
Lorsque sa conjointe ne fit qu'évoquer le sujet avec ses parents, ses derniers l'enfermèrent 10 jours durant dans la maison familiale, allant jusqu'à faire croire à son employeur qu'elle était malade. Puis ils la "cuisinèrent", alternant les questions et les sermonts.
"Ils ont dit qu'il n'y aurait aucun mélange de sang dans notre famille" se souvient la femme, qui souhaite garder l'anonymat. Ils l'ont prévenue qu'une relation avec un étranger non seulement ruinerait ses perspectives de mariage mais aussi handicaperaient son frère et sa soeur dans la recherche de l'âme soeur.
"Si j'ai un petit ami étranger, c'est un mauvais point pour toute notre famille."
(...)
Une Coréenne tenant la main d'un Occidental dans la rue court le risque d'être prise à partie, traitée de "putain" voire de se faire gifler ou cracher dessus.
La Corée du Sud est un pays homogène avec un sens aigu du nationalisme, forgé par des siècles d'invasion de la part de ses voisins. Les Coréens sont donc souvent soupçonneux à l'égard des étrangers, soupçon d'ailleurs amplement justifié par l'histoire. Bien qu'il y ait des exceptions, pour beaucoup de Coréens l'idée de relations interraciales leur semble un affront au patriotisme de leur pays et à l'idée d'une lignée au "sang pur". L'antagonisme est particulièrement fort quand l'Américain en question est, comme beaucoup de soldats là-bas, un Noir.
"Une Coréenne ne doit jamais sortir avec un étranger ou l'épouser" dit Kim Hee Sup, 34 ans et employé de bureau. "Un Coréen doit faire tout son possible pour maintenir la pureté raciale"...
Dans toute culture, c'est la tribu des vainqueurs qui s'approprie les femmes des vaincus, au détriment des hommes vaincus, grands perdants au point de vue génétique. Pour un peuple donc, au delà de l'aspect purement racial, laisser ses femmes se mêler à des hommes étrangers c'est agir inconsciemment en peuple vaincu. A cela s'ajoute l'idée de la perpétuation du nom et de la lignée, selon laquelle l'individu ne se suffit pas à lui-même mais sert de "témoin" entre ses ancêtres et ses descendants. Fondamentalement, la position coréenne est très similaire à celle des Européens jusqu'à très récemment. Ce n'est qu'au cours de la "dévolution culturelle" des années 60 que les opinions publiques européennes, travaillées par l'individualisme (rupture du lien charnel entre les générations) et la culpabilité raciale de l'après deuxième guerre mondiale ont massivement cédé aux sirènes du métissage.
0 comments:
Post a Comment