Saturday, January 23, 2010

Le néoracisme selon l'Hyperclasse




Notre cher gouvernement s'est fendu d'un rapport visant à "lutter contre le racisme sur internet". Au delà des aspects purement techniques et que les curieux auront pu décrypter à loisir sur la Toile, on retrouve dans ce rapport une précieuse définition du racisme selon l'Hyperclasse.

Traditionnellement, la définition encyclopédique et historique, voire scientifique, du racisme est de considérer que certaines races humaines sont supérieures intrinsèquement à d'autres. Or, nous pouvons constater que cette définition, datée, a subi des modifications considérables et que selon nos élites, le délit de racisme est bien plus inclusif que cela. En dehors du "racisme conjoncturel" (c'est à dire la xénophobie "ordinaire", émotive), le vrai racisme ou "racisme structurel" est défini dans le rapport (page 18):

"le racisme structurel s’entend d’une forme de racisme fortement ancrée dans nos sociétés et que nous qualifions volontiers de préjugés. Typiquement, cette forme de racisme conduit à admettre que certaines ethnies, religions, « races » ou groupes d’identité sexuelle déterminée présentent des caractéristiques qui leur sont communes."

Extraordinaire! Supposer qu'il existe des caractéristiques communes chez des "races" (notez les guillemets, en effet les races n'existent pas semble-t-il), ethnies, religions (!) ou groupes d'identité sexuelle (!!), est du pur racisme! Donc, théoriquement, dire que les Noirs ont la peau foncée, que les lesbiennes sont attirées par les femmes ou que les musulmans croient en Allah est raciste. Nous comprenons dès lors que le glissement sémantique qu'a subi la définition du racisme provoque deux changements majeurs:

-le premier et le plus évident, est que le racisme n'est plus seulement lié à la race comme par le passé. Il inclue désormais le fait religieux et sexuel. Il est donc maintenant possible d'être "raciste" envers une religion ou une orientation sexuelle. D'où l'apparition des néologismes d'islamophobie et d'homophobie inventés par les associations liberticides, la nature se chargeant toujours de créer les mots visant à qualifier un nouveau phénomène. Le racisme n'est donc plus une idéologie liée à une hiérarchisation des races mais la simple reconnaissance d'un groupe présentant des caractéristiques communes! Définition valise qui permet de traiter n'importe qui de raciste sous des prétextes fallacieux. Comme le contre-révolutionnaire ou l'hérétique, le raciste est une projection mentale applicable à n'importe qui et n'importe quoi.

-deuxième changement: cette définition permet de détruire toute approche holistique ou communautaire au profit d'une approche purement individuelle. Puisqu'il est impossible de prendre en compte la race, la religion ou quoi que soit de rassembleur pour étudier un phénomène, nous sommes contraints de travailler au niveau individuel. L'individu est le seul dénominateur commun. En termes mathématiques on pourrait écrire cela par l'infini qui est égal à 1. Le pur jacobinisme, l'atomisation totale de l'individu telle que pressentie par Tocqueville. L'homme nu face à l'Etat, l'Anôme de Maurice G. Dantec.

Les motifs des hommes de l'Etat sont d'ailleurs extrêmement clairs (page 18 toujours):

"Dans tous les cas, laisser prospérer ces idées et ces préjugés revient à banaliser ce qui ne doit pas être toléré et à favoriser une fragmentation du corps social."

La fragmentation du corps social, voilà l'ennemi! L'existence de différents peuples, idées, mondes, ne doit pas être tolérée. Le jacobin imagine un monde pyramidal où tous les individus seraient indifférenciés et absolument égaux en tout, avec l'Etat au sommet réglant cette horlogerie parfaite. La vraie diversité telle que nous la rencontrons dans la nature est leur plus grande terreur. Les grands prêtres de l'Unique veulent détruire les hommes pour donner naissance à l'Homme. C'est l'antinature par excellence, un monothéisme appliqué à l'homme, le monohominisme.

Après la rue, la presse, la radio et la télévision, l'hyperclasse a décidé de s'attaquer poussivement au dernier bastion où subsiste encore une véritable liberté d'expression pour le peuple: internet. D'une certaine manière, comme la plupart des blogs et sites dissidents sont obligés d'être hébergés aux Etats-Unis pour éviter la censure, il est possible d'affirmer que la liberté d'expression n'existe plus du tout sur le territoire français stricto sensu, la totalité (retenez bien ce mot) du discours public étant cadré par la pensée dominante. C'est la très exacte définition d'un régime totalitaire. Bienvenue dans le Meilleur des Mondes, Patrie des Droits de l'Homme!

Saturday, January 16, 2010

Perle (noire) des Caraïbes

Frontière entre Haïti (gauche) et la République Dominicaine (droite)


Comparaison Haïti - République Dominicaine

Terres arables: 28,11% / 22,5%
Population: 10 033 000 / 10 900 000
PNB (nominal) : 6,943 milliards de $US / 44,716 milliards de $US
PNB par habitant: 790 $US / 4950 $US
Indice d'inégalité (Gini): 59,5 / 49,9
Indicateur de développement humain: 0.532 (classé 149e sur 180) / 0.777 (classé 90e)
Prévalence du VIH: 5% / 1,7%
Composition raciale: 95% Noirs, 5% métis / 73% métis, 16% Blancs, 11% Noirs
Estimation du QI moyen: 72 / 84
Pourcentage de l'aide étrangère dans le budget de l'Etat: 40%
Nombre d'écoles primaires: 15 200, dont 90% sont privées, gérées par des ONG étrangères
Taux d'alphabétisation: 45% / 89%

Extrait d'un article du journaliste Belgo-Congolais Albert Kisonga Mazakala:

"Haïti est le premier pays noir, si pas l’unique, à s’être libéré des chaînes de l’esclavage grâce au génie militaire de son leader Toussaint Louverture, il y a 219 ans. Pourtant, loin d’avoir permis le développement de leur pays, la liberté des Haïtiens n’aura servi à rien, pourrait-on dire, sinon à accoucher des régimes tyranniques tout juste aptes à appauvrir leur peuple et, au contraire, à favoriser l’enrichissement des dirigeants. La situation d’Haïti est en tous points semblable à celle de la plupart des pays d’Afrique noire, en ce compris, bien évidemment, sur le plan racial. D’où la pathétique question que tout le monde se pose tout bas mais qui est dans tous les esprits : les Noirs ne seraient-ils que des incapables ? Oser poser publiquement la question me vaudra probablement la remontrance de beaucoup de mes frères de couleur, étant donné l’extrême susceptibilité dont nous faisons généralement montre. En effet, on se rend compte maintenant, après le demi-siècle des indépendances africaines, combien la maxime de Léopold Senghor fut juste : "L’émotion est nègre, la raison hellène".

Saturday, January 9, 2010

Nous sommes les Na'vis



Un petit peuple, enraciné dans sa terre, fort de ses traditions séculaires et d'une relation symbiotique avec son environnement est menacé de destruction par une clique multiculturelle cherchant à piller ses ressources. Aidés par un humain qui littéralement devient un des leurs, les Na'vis, initialement divisés en une multitude de tribus, se coalisent et jettent leurs dernières forces dans la bataille, affrontant "avec des arcs et des flèches" un ennemi fort supérieur en nombre et en armement. Comme les Germains mourant pour sauvegarder leur Irminsul des haches chrétiennes, les Na'vis donnent leur vie par loyauté envers leur arbre sacré.

Voir dans Avatar un film anti-blanc voire anti-identitaire est donc à mon avis une grossière erreur de jugement, alors que c'est probablement, avec le Retour du Roi, un des films les plus à droite de ces dernières années. Les hommes et femmes du film appartiennent à toutes les races de l'humanité: on y voit des Blancs (aux postes clés, bien entendu), des Noirs, des Asiatiques, des Latinos, des Indiens. C'est l'Amérique-monde, celle multicolore d'Obama, celle de la coalition en Irak qui écrabouille tout ce que cet univers a de singulier à coup de M16, de Coca-Cola...et d'Avatar. Celle qui pourrait un jour envahir notre beau pays, au nom des Droits de l'Homme, s'il lui arrivait de choisir la voie du populisme... C'est cette humanité unifiée et arc-en-ciel dont rêvent nos cosmopolites qui va traquer les cultures indigènes à l'autre bout de l'univers pour les absorber dans l'Unique, éternelle lutte des visions monothéiste et polythéiste. Refus aussi d'un peuple singulier, qui devrait devenir "un peuple comme les autres", c'est à dire mourir en tant que tel.

Comprenons-nous bien. S'identifier aux humains du film c'est faire preuve d'un sentiment de supériorité sans aucun lien avec la réalité. Nous ne sommes pas les conquérants, mais les conquis. Nous ne sommes plus en 1914, mais en 2010. Les "sauvages", les autochtones ce sont les Européens du XXIe siècle, pris d'assaut par les hordes innombrables du Tiers-monde, rachetés à vil prix par les pétromonarchies du Golfe, ringardisés et réduits au chômage par les industrieux Chinois. Nous voilà pris en tenailles entre le lumpenprolétariat allogène qui nous colonise "par le bas" et l'hyperclasse nomade qui nous écrase "par le haut". Menacés d'être parqués comme figurants dans des réserves de carton pâte, dans des "villes-décors" pour amuser les touristes de la Mondialisation Heureuse.

Un des arguments avancés par les Réacs pour s'opposer au film est de dire que dans la sacro-sainte Nature idéalisée par James Cameron, les faibles sont en réalité impitoyablement purgés du réservoir génétique de l'univers, que les forts ont toujours dominé et domineront toujours. Ainsi il est donc normal, voire sain que les humains (puissants) écrasent et conquièrent les Na'vis (faibles). Ils ont parfaitement raison quant au mécanisme décrit, mais complètement tort quant à la perception de ce mécanisme. Premièrement parce que la puissance n'existe pas intrinsèquement mais qu'elle n'est qu'une qualification relative d'un rapport de forces fluctuant. Il n'y a donc nulle raison de se soumettre servilement à quelque chose qui n'est que contingent. En 1941 les Allemands étaient les forts et les Russes les faibles. Trois ans plus tard, la situation s'était totalement renversée.

Deuxièmement parce que s'il existe une loi fondamentale de la nature, c'est celle qui force chaque être vivant à préserver son existence, coûte que coûte. La fatalité n'existe pas chez les animaux, qui luttent instinctivement avec toutes leurs forces pour défendre leur vie face aux dangers et prédateurs. Même un pauvre rat, acculé dans une alcôve face à une foule armée, va sauter sur ses agresseurs pour sauver sa vie. Comme ce petit rat, comme ces Na'vis de Pandora, nous sommes seuls face à une foule d'ennemis déterminés, et notre génome nous commande de ne pas abandonner, de ne pas céder à la fatalité parce qu'il n'y a rien d'écrit, si ce n'est l'histoire des peuples qui refusent de ne plus exister.


Addendum: Marc Sich, rédacteur en chef de Paris Match a perçu le message sous-jacent de "pureté" véhiculé par Avatar, trouvant son idéologie "inquiétante":

"Je fais des efforts, mais je ne parviens pas à acclamer le triomphe d’êtres tous semblables, tous beaux – bien que bleus –, tous grands, tous souples, sveltes et dynamiques. Des guerriers claniques, des chasseurs à l’arc, pratiquant des rites initiatiques potentiellement mortels. Des géants à peu près télépathes obéissant à leur chaman, prêts au sacrifice au nom de leur divinité. Des sages sauvages qui déclarent que les hommes en abîmant la Terre ont « tué leur mère ». Eux-mêmes se choisissant un chef chevauchant un dragon.

Une idéologie inquiétante

Je n’ai rien contre le bleu. Les dragons m’amusent. Il m’arrive de tirer à l’arc… Ca ne me suffit pas pour oublier tout. L’Histoire nous a appris à nous méfier des perfections ethniques, de la naturelle pureté, des croyances fumeuses et des idéologies enchanteresses. Cela, dans la vie vraie, tout le monde l’admet. Je ne vois pas pourquoi je devrais, au cinéma, me laisser bercer au bord du gouffre."
Addendum 2: France-Soir nous révèle que le Vatican n'aime vraiment pas Avatar:

"Attention à ne pas confondre", avertit l'Eglise : "la nature est une création de Dieu, pas une divinité !''. Bref, l'Eglise voit en la planète imaginaire de Pandora une apologie du paganisme".

Source.

Friday, January 1, 2010

Couples biraciaux et métissage: le point de vue des Coréens


Scène de rue à Séoul

Article très instructif du New York Times (traduit par Vertumne) sur la perception des couples biraciaux et du métissage par les Coréens du Sud. On est à des années lumières du métissage, "projet de société" des élites françaises:

Elle avait 21 ans et était étudiante. Lui était un professeur d'anglais originaire du Canada. Ils étaient de "bons amis" qui dinaient parfois ensemble. Elle a fait part de cette amitié à ses parents. Cruelle erreur, car ces derniers, horrifiés à l'idée que leur fille détruise la réputation familiale en fréquentant un étranger la forcèrent à changer d'université et à déménager à l'autre bout du pays.

Bien que cela puisse paraître extrême, cette réaction souligne le profond malaise de la société coréenne à propos des unions mixtes entre femmes coréennes et hommes étrangers.

(...)

Il y a quelques années, un soldat américain qui avait mis la main dans le dos d'une femme coréenne _sa femme en l'occurence_ provoqua une émeute qui émeute et fut arrêté. Les dénonciations fusèrent dans la presse à propos des menaces causées par les soldats américains sur les femmes coréennes. Avant cela, un sergent-major américain fut battu à mort par un Coréen parce qu'il se promenait en compagnie de sa petite amie coréenne.

Si les relations interraciales sont un problème sensible dans de nombreux pays, c'est encore plus vrai en Corée du Sud. De telles romances révèlent l'état d'esprit de la société parce qu'elles font vibrer les cordes les plus sensibles de la psyché coréenne: l'identité nationale, l'attitude envers les étrangers et la chasteté des femmes.

"J'aimerai me mettre en ménage avec ma petite-amie mais je me demande si sa famille m'acceptera seulement un jour" rumine Frank A. Dessler, un Américain de 36 ans entretenant une relation avec une Coréenne depuis 2 ans. "Sa famille ignore tout de mon existence."

Lorsque sa conjointe ne fit qu'évoquer le sujet avec ses parents, ses derniers l'enfermèrent 10 jours durant dans la maison familiale, allant jusqu'à faire croire à son employeur qu'elle était malade. Puis ils la "cuisinèrent", alternant les questions et les sermonts.

"Ils ont dit qu'il n'y aurait aucun mélange de sang dans notre famille" se souvient la femme, qui souhaite garder l'anonymat. Ils l'ont prévenue qu'une relation avec un étranger non seulement ruinerait ses perspectives de mariage mais aussi handicaperaient son frère et sa soeur dans la recherche de l'âme soeur.

"Si j'ai un petit ami étranger, c'est un mauvais point pour toute notre famille."

(...)

Une Coréenne tenant la main d'un Occidental dans la rue court le risque d'être prise à partie, traitée de "putain" voire de se faire gifler ou cracher dessus.

La Corée du Sud est un pays homogène avec un sens aigu du nationalisme, forgé par des siècles d'invasion de la part de ses voisins. Les Coréens sont donc souvent soupçonneux à l'égard des étrangers, soupçon d'ailleurs amplement justifié par l'histoire. Bien qu'il y ait des exceptions, pour beaucoup de Coréens l'idée de relations interraciales leur semble un affront au patriotisme de leur pays et à l'idée d'une lignée au "sang pur". L'antagonisme est particulièrement fort quand l'Américain en question est, comme beaucoup de soldats là-bas, un Noir.

"Une Coréenne ne doit jamais sortir avec un étranger ou l'épouser" dit Kim Hee Sup, 34 ans et employé de bureau. "Un Coréen doit faire tout son possible pour maintenir la pureté raciale"...


Dans toute culture, c'est la tribu des vainqueurs qui s'approprie les femmes des vaincus, au détriment des hommes vaincus, grands perdants au point de vue génétique. Pour un peuple donc, au delà de l'aspect purement racial, laisser ses femmes se mêler à des hommes étrangers c'est agir inconsciemment en peuple vaincu. A cela s'ajoute l'idée de la perpétuation du nom et de la lignée, selon laquelle l'individu ne se suffit pas à lui-même mais sert de "témoin" entre ses ancêtres et ses descendants. Fondamentalement, la position coréenne est très similaire à celle des Européens jusqu'à très récemment. Ce n'est qu'au cours de la "dévolution culturelle" des années 60 que les opinions publiques européennes, travaillées par l'individualisme (rupture du lien charnel entre les générations) et la culpabilité raciale de l'après deuxième guerre mondiale ont massivement cédé aux sirènes du métissage.

Saturday, December 26, 2009

Uchronie


2 janvier 1492. Boabdil, dernier émir du Royaume de Grenade vient de rendre les clefs de la ville à Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, "pleurant comme une femme ce qu'il n'avait su défendre comme un homme" selon la formule consacrée. La Reconquista est terminée. Trente neuf ans après la catastrophique prise de Constantinople par les Turcs, les chrétiens sont parvenus à chasser les mahométans de l'ancienne Hispanie. Vont-ils pousser plus loin la reconquête des territoires de feu l'Empire romain ? Oseront-ils profiter de leur avantage technologique et économique croissant face aux civilisations de la rive sud pour établir des têtes de pont en Afrique du Nord et sécuriser la Méditerranée ? Vont-ils déverser leur futur excédent démographique pour coloniser et mettre en valeur les terres fertiles de l'Egypte et de l'arrière pays algérois ? Non, rien de tout cela, car la même année Christophe Colomb découvre l'Amérique, évènement aussi totalement inattendu que capital, et qui va bouleverser le cours de l'Histoire.

L'énergie des pays d'Europe, jusqu'à présent consacrée à la reprise des territoires perdus aux mains des musulmans, sera désormais dévolue à la colonisation des régions Outre-Atlantique. Le virage, suffisamment lent pour ne pas être évident au premier regard est néanmoins indéniable quand les années deviennent des décennies. Malgré Lépante quelques décades plus tard et l'union des chrétiens en cette occasion, les centres d'intérêt du Vieux Continent se déplacent irrémédiablement à l'ouest. La Méditerranée sera délaissée par les grandes puissances et ce ne sont pas les royaumes italiques, plus divisés que jamais, qui pourront infléchir la balance.

Les Européens vont coloniser le Nouveau Monde avec l'énergie et la vigueur qu'on leur connaît, détruisant des civilisations raffinées et complexes mais, dans le meilleur des cas, restées à l'âge du bronze. Jamais dans l'histoire de l'humanité un tel différentiel militaire n'avait opposé deux civilisations. C'était comme si les conquistadores munis d'arquebuses et de canons débarquaient dans une Grèce de gymnètes et privée de chevaux. Pour la première fois, nos aïeux découvrent un continent auquel ils ne peuvent en aucune manière se relier, l'altérité au sens le plus abouti. Loin de leur pays natal et persuadés de ne jamais y retourner, sans aucune femme européenne à proximité, les conquérants blancs vont faire souche dans leur région d'adoption, épouser les femmes indigènes et des esclaves africaines converties avec la bénédiction de l'Eglise, plus catholique que jamais. Plus au nord et plus tard, dans la baie glacée du Massachusetts, les colons Anglais, persuadés d'être les nouveaux Hébreux ont tout laissé dans la Babylone européenne pour bâtir une nouvelle Jérusalem en Amérique. Tout un symbole. 1492 a d'une certaine manière ouvert les portes du métissage et du déracinement politisés, voire sacralisés puisque considérés comme les piliers fondateurs des nouveaux pays d'Amérique. L'Europe n'existe plus. Place à l'Occident.

Pendant ce temps, la Méditerranée devient une arrière cour, une région en déclin où les pirates mahométans feront la loi jusqu'en 1830 et la prise d'Alger, poussant l'audace jusqu'à capturer des navires...américains. Imaginez vous si les raids vikings en Europe septentrionale s'étaient poursuivis jusqu'au premier tiers du XIXe siècle! Maintenant vous comprenez pourquoi les Européens de Méditerranée bâtissaient leurs villages sur des pitons rocheux facilement défendables, au milieu de terres pauvres et arides, plutôt qu'au coeur des vallées ou le long des côtes. Curieusement, c'est très exactement en 1492, au moment même où l'Europe aurait pu définitivement reconquérir la mare nostrum, chasser les Ottomans d'Europe et rétablir l'Empire d'Auguste qu'elle a choisi de ne pas poursuivre la mission qui lui était dévolue. C'est un paradoxe que de voir cet Occident plus puissant dans ses Indes Occidentales à des milliers de kilomètres de son foyer originel que dans le détroit de Sicile! Les Occidentaux, futurs maîtres du monde, ne furent jamais aussi faibles que dans la Méditerranée de Périclès et de César. Face à l'ennemi du trottoir d'en face, elle a fait le tour du pâté de maison. Un white flight géopolitique...

Sans l'Amérique, pas de tomate ou de maïs, mais pas de Destinée Manifeste ou de "question noire". Pas de thalassocratie mais une tellurocratie, la Méditerranée ne redevenant qu'un lac. Au lieu de fonder une nouvelle Jérusalem, nous aurions peut-être repris possession de l'ancienne. Pour éponger son excédent démographique, il est fort probable que l'Europe aurait envoyé ses millions de fils à la guerre contre l'ennemi commun, reprenant Sainte-Sophie au bout de combats épiques dans les rues de Constantinople rougies de sang. Plus de mille ans plus tard, la réunion des Empires romains d'Occident et d'Orient.

Monday, December 21, 2009

Solstice d'hiver


Lever de soleil à Pinarellu, Corse-du-Sud


Représentation contemporaine d'Hélios, dieu du soleil

Saturday, December 12, 2009

Les droits de l'homme ou Auschwitz



Le pape Benoit XVI a remis le prix "Auschwitz des Droits de l'Homme - Jean Paul II" à André Glucksmann. Oui vous avez bien lu, André Glucksmann le maoïste, fondateur avec BHL du cercle des nouveaux philosophes, farouche partisan du bombardement de la Serbie par l'OTAN et de la guerre en Irak. D'après le lauréat "Auschwitz est le contre fondement des droits de l'homme. Le fondement des droits de l'homme, c'est qu'on veut éviter Auschwitz, qu'on veut barricader les portes de l'enfer".

Vous voilà prévenus: c'est la religion des droits de l'homme ou Auschwitz, vous n'avez aucune alternative. S'opposer à la religion des droits de l'homme (RDDH) c'est invariablement condamner l'humanité à l'Enfer, pardon, à Auschwitz. Comme le font chaque jour, à la louche, les quatre milliards d'Indiens, de Chinois, de Japonais et de musulmans, ainsi que la poignée de révoltés dans les sociétés occidentales. Mince alors, il semblerait que les sectateurs de la RDDH soient minoritaires au sein de l'espèce humaine! Et la Terre n'a pas encore brulé!

La boucle est bouclée, le christianisme des élites, grignoté petit à petit par l'hérésie des droits de l'Homme s'intègre chaque jour davantage dans la matrice de la religion dominante, à tel point qu'il devient de plus en plus difficile de les différencier l'un de l'autre. La messe moderne ? Une hostie dans la main et un peu de vos sous pour les petits Africains-qui-meurent-de-faim-à-cause-de-notre-égoïsme. En filigrane, adopter un christianisme non compatible avec la RDDH, comme le catholicisme pré-Vatican II, c'est également réitérer Auschwitz. Avis à nos amis tradis... Et je ne vous parle même pas du paganisme, cette religion des SS, et des Romains (parait-il), dont les Dieux ne se souciaient même pas d'Auschwitz...pfff.

Jamais nos élites ne sont à ce point apparues participer au même processus, obéir à la même Bête: Juifs maoïstes et Catholiques anciens des Jeunesses hitlériennes, athées pro-choix et musulmans modérés, chrétiens à guitare et francs-maçons géomètres. Tous unis sous la bannière de la RDDH! Partout le même discours, comme si l'Europe entière pensait à l'identique, formatée par une pensée unique devenue universelle. Pauvres natios! Coincés entre les zombies de la RDDH et les envahisseurs mahométans du Tiers-Monde! Pauvre chrétien d'Europe, sommé d'aller prier "dans les mosquées et les synagogues" selon le bon mot de Jean-Pierre Mignard. Manquerait plus qu'il vote FN aux prochaines régionales. Le salaud.

Addendum: Je ne peux m'empêcher de citer cet extrait remarquable d'Alain de Benoist:
"En présentant les droits de l'homme comme des droits « humains », comme des droits « universels », on les soustrait nécessairement à la critique — c'est-à-dire au droit de les questionner — et, en même temps, on place implicitement leurs adversaires hors humanité, puisqu'on ne saurait s'en prendre à qui parle au nom de l'humanité en restant soi-même humain. De même, enfin, que les croyants pensaient naguère avoir le devoir de convertir par tous les moyens « infidèles » et mécréants, les tenants du credo des droits de l'homme se considèrent comme légitimement investis de la mission d'en imposer les principes au monde entier. Théoriquement fondée sur un principe de tolérance, l'idéologie des droits de l'homme se révèle ainsi porteuse de l'intolérance la plus extrême, du rejet le plus absolu. Les Déclarations des droits ne sont pas tant des déclarations d'amour que des déclarations de guerre."

Alain de Benoist - Au delà des droits de l'homme, défendre les libertés.